VERSION  ANGLAISE

L’ACDIC ENQUÊTE SUR LA CORRUPTION DES GENDARMES ET DES AGENTS DU MINEPIA DANS LE TRANSPORT DES PRODUITS AVICOLES AU CAMEROUN


La filière avicole se remet à peine de l’épizootie de la grippe aviaire, que des gendarmes et autres fonctionnaires véreux du MINEPIA s’acharnent à la maintenir la tête dans l’eau. Et ce sont les consommateurs qui en paient le prix fort ! C’est ce qui ressort du point de presse donné le 18 novembre dernier pour présenter l’enquête récemment conduite par l’Association Citoyenne de Défense des Intérêts Collectifs, à la suite des évènement de BEKOKO.

En procédant par immersion, les membres « enquêteurs » de l’ACDIC ont infiltré tous les circuits de transports des produits aviaires dans les villes de Bafoussam, Douala et Yaoundé. La première place du hit parade dans ce fléau qu’est la corruption est détenue par les gendarmes. Leurs méthodes : contrôles abusifs et arbitraires, rackets, taxations hors du commun et extorsion de fonds et/ou d’autres biens en nature. Ainsi, une fois dépouillé sur la route, le production n’a plus d’autres choix que de compenser ses pertes par le renchérissement des prix de ses produits avicoles sur le marché. Au grand dam des consommateurs !
Un bel exemple que ce qui s’est passé dans la nuit du 2 au 3 octobre 2016, au lieu-dit Pesage de Békoko

De sources sûres et concordantes, il est 1 h du matin lorsque deux camions de marque « Dyna » sont interceptés par deux gendarmes du peloton routier motorisé de Douala-Bonassama. Ils sont chargés chacun de 1 500 poulets pondeuses en provenance de Nkongssamba et à destination du marché central de Douala. Ils appartiennent à un commerçant grossiste de poulets. Après vérification des documents des deux véhicules, les gendarmes décident de les immobiliser. Motif : Non-authenticité des documents d’autorisation du MINEPIA. Ils exigent des convoyeurs la somme de 400 000 frs CFA, soit 200 000 par véhicule pour être libérés. Ces derniers convaincus de la conformité de leurs documents décident de ne rien débourser. A l’aube et des suites de la chaleur, des poulets meurent en série, les convoyeurs se résolvent à les sortir des caisses pour la chaussée, ce qui scandalise les populations avoisinantes qui se ruent tout de même sur ce « cadeau tombé du ciel ».

Alertés, les responsables de la filière font appel aux responsables régionaux, départementaux et d’arrondissement du MINEPIA et aux journalistes pour couvrir ce scandale. Le délégué régional instruit ses subordonnés de destruire la cargaison sur procès-verbal.
Voyant la tournure que prennent les évènements, les deux gendarmes s’enfuient vers leur brigade à Bonabéri. Informé à son tour de la situation, le commandant qui plus que quiconque mesure la gravité de la situation se résout à descendre sur les lieux et propose la somme trébuchante de 4 millions de francs CFA pour arrangement à l’amiable, aux deux opérateurs qui les acceptent. Et le conflit est clos. Certains journalistes seraient également passer à la caisse du commandant et détruiront leurs images.
Un jeu de rôle pour le moins étonnant : à Békoko, les corrompus sont devenus en l’espace de 9 heures les corrupteurs.
En principe, un camion transportant des produits avicoles sur l’axe Mbouda – Douala, paie officiellement au trésor publique 2000 frs pour 4 péages, sot 500 frs par péage. Mais tenez, les chiffres parlent d’eux-mêmes :

Points de Contrôle

Montant 

 Points de Contrôle

Montant

Contrôle mixte à la sortie de la ville de Dschang 

1 000 

 Contrôle mixte Mbanga 

1 000

Prévention de Bafoussam 

2 000 

 Routiers à Mbanga 

2 000

Contrôle vétérinaire à Nkongsoung (Check point) 

2 000 

 Routiers à Souza 

2 000

Routier à Barré 

2 000 

 GMI à Békoko 

1 000

Routiers à Nkongsamba 

2 000 

 Routiers au pesage de  Békoko 

2 000

Police à Nkongsamba 

2 000 

 Contrôle vétérinaire au  carrefour ‘’Mutzig’’ Douala 

2 500

Routiers à Njombé 

500 

 Routiers au lieu-dit ‘’4  étages’’ Bonabéri 

2 000

 Total  1

11 500 

  Total  2

12 500

Total 

24 000

Ainsi un transporteur de produits avicoles paie aux postes de péages officieux, encore appelés « poses » 24.000 frs, s’il est en règle et peut payer des centaines de mille s’il ne possède pas d’autorisation de transport de ses produits. Tenez ces chiffres :

AXE BAFOUSSAM-DOUALA

AXE BAGANGTE – DOUALA

 Contrôleurs 

 TARIFS 

 Contrôleurs 

 TARIFS

 Routiers du lieu-dit « INO » sis à la sortie de la ville de Bafoussam 

100 000 

 Bangangté 

100 000

 Routiers à Bandjoun 

50 000 

 Melong 

60 000

 Douane 

10 000 

 Routiers de Nkongssamba  à  Barré 

50 000

 Momée 

50 000 

 Routiers de Nkongssamba – à  Njombé 

50 000

 Melong 

60 000 

 Souza 

50 000

 Routiers de Nkongsamba  à Barré 

50 000 

 Douala Bekoko 

50 000

 Routiers de Nkongsamba–à Njombé 

50 000 

 Douala 4 étages 

50 000

 Souza 

50 000 

 Total : (Péages officiels,  carburant, salaire chauffeur,  amortissement véhicule…  non inclus) 

 

 

390 000

 Douala 4 étages 

50 000 

 Total : (Péages officiels, Carburant, salaire chauffeur, amortissement véhicule… non inclus) 

520 000 

 

Axe Bafoussam -Yaoundé

Axe Bangangté -Yaoundé

 Contrôleurs 

 Tarifs 

 Contrôleurs 

 Tarifs 

 Routiers du lieudit « INO » sis à la sortie de la ville de Bafoussam 

100 000 

 Sortie Bangangté - Tonga 

100 000

 Routiers à Bandjoun 

50 000 

 Makénéné 

100 000

 Douane 

10 000 

 Nyokon 

40 000

 Sortie Bangangté-Tonga 

100 000 

 Momée 

50 000

 Makénéné 

100 000 

 Routier Bafia 

40 000

 Nyokon 

40 000 

 Police Bafia 

2 500

 Routiers Bafia 

40 000 

 Ombessa 

2 000

 Police Bafia 

30 000 

 Police Nkometou 

30 000

 Ombessa 

30 000 

 Routiers entrée ville de  Yaoundé 

 30 00 

 Police Nkometou 

50 000 

 Total :

 (Péages officiels,  carburant, salaire  chauffeur, mortissement  véhicule… non inclus) 

440 000

 Routiers entrée de la ville de Yaoundé 

50 000 

 Total : (Péages officiels, carburant, salaire chauffeur, amortissement véhicule… non inclus) 

520 000 

NB : Ces prix peuvent changer selon l’humeur du contrôleur.

Deuxièmement il y a les agents du Ministère de l’Elevage des Pêches et des Industries Animales. La fiche de suivi, l’autorisation spéciale et le certificat sanitaire sont officiellement les documents mis à disposition des éleveurs et commerçants par le Ministère de l’Elevage des Pêches et des Industries Animales pour le transport des produits aviaires sains. En plus de ces documents, l’Etat prélève par l’intermédiaire des services fiscaux, 10 FCFA par poulet et 0,5 FCFA par œuf. A l’exception des taxes, les opérations d’acquisition de ces documents sont gratuites dans la norme, de même que les visas apposés sur les documents au niveau des postes de contrôle vétérinaire.
Cependant, à côté de ce que prévoient les textes officiels, des pratiques peu orthodoxes ont été relevées sur le terrain par notre équipe d’ enquêteurs. La corruption se pratique en plein air entre transporteurs de produits avicoles et agents du MINEPIA.

Procédure  requise

Norme

Pratique  sur le terrain

Visa apposé sur les documents de transport de produits avicoles aux postes de contrôle vétérinaire : « check point »

Gratuit

Payant

Différents prix pratiqués dans les postes:

2000 – 2500 – 5000 – 10 000 FCFA

Homologation (MINEPIA) des fermes

(avant grippe aviaire 2016)

8 000 FCFA TTC

Prix pratiqués par les agents corrompus, surtout en période de grippe aviaire :

80 000 FCFA

Suivi vétérinaire des fermes par les agents du MINEPIA

Gratuit et quasi obligatoire

Très souvent inexistants, sauf si rétribution financière

Déchargement et abattage des poulets sur les marchés

Gratuit

10 FCFA/poulet déchargé et 5 FCFA/poulet abattu et plumé versés aux services vétérinaires du marché central de Douala

Délivrance du certificat sanitaire, de l’autorisation de transport des produits aviaires par les délégués mais assujettie au suivi effectif de la ferme du requérant, l’identification de la zone de provenance des produits à transporter, l’existence réelle de la ferme.

Gratuit

 

 

 

 

 

Payant :

100 000 FCFA en moyenne. Surtout dans des cas frauduleux sans aucun suivi effectif de la ferme du requérant, peu importe la zone de provenance des produits à transporter. Très souvent les fermes indiquées sur le document sont fictives.

 

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