VERSION  ANGLAISE

Depuis trois décennies que la grande distribution s’est installée dans les pays en voie de développement, il est évident que les petits producteurs doivent compter sur le soutien sans faille, de leur gouvernement d’abord, et/ou de la coopération internationale pour ne pas disparaitre.

 

Les marchés traditionnels ne répondant plus aux besoins de qualité, de quantité et de variété des produits exprimés par les consommateurs d’une classe moyenne émergeante, sont de plus en plus délaissés au profit des grandes surfaces. Ces dernières, avec leur lot d’exigence sur la régularité, la qualité et la quantité des produits, ont, à plus de 90%, recours aux importations pour combler l’énorme déficit causé par l’offre nationale très faible. Une pratique, hautement nocive pour la production nationale, qui avec le temps est condamnée à mourir.

Par exemple, en 2014, à Andra Pradesh en Inde, Massmart, une grande entreprise de

distribution en gros et détail sud-africaine a entrepris, avec Technoserve une ONG à but non lucratif, dédiée au développement économique dans les pays en voie de développement, de former 100 petits producteurs, n’ayant aucune expérience des grandes surfaces, dans le but d’en faire les principaux fournisseurs de l’entreprise.

Massmart les soutenait financièrement dans l’achat des semences, fertilisants, pesticides, main d’œuvre et des systèmes d’électrification, de conditionnement et de transport. Technoserve pour sa part, leur apportait son expertise dans la tenue des dossiers financiers qui leur donneraient l’accès aux prêts bancaires. Cependant, au terme des 3 années d’expérimentation du projet, une grande partie de la production a été rejetée à cause des normes de qualité très élevées, imposées par Massmart.

A la fin du projet, seulement 4 sur les 100 producteurs de départ ont été confirmés. Ceux recalés, ont dû vendre leur production aux enchères, et se sont retrouvés endettés vis-à-vis de Massmart. Incapables de rembourser leur dette, l’entreprise fût contrainte de l’annuler. Une double perte pour le producteur et le supermarché. L’expérience de Massmart montre toute la difficulté que pose la mise à niveau des petits producteurs sans le concours de l’Etat qui doit obligatoirement inclure un accompagnement de technique de ceux-ci.

L’étude illustrant ce cas précis, menée par Aimée Hampel-Milagrosa, Chercheur chevronné de l’Institut Allemand de Développement (IAD), identifie deux acteurs déterminants dans le processus de renforcement de capacités des potentiels fournisseurs locaux. Pour une approche probante, les agences de développement peuvent soutenir les pays en voie de développement par leur expertise dans l’élaboration de politiques de distribution moderne plus inclusives, le renforcement des capacités des producteurs nationaux, en termes d’organisation en coopératives, d’amélioration des productions biologiques, de transformation de leurs productions, de conditionnements et d’emballages, afin de rendre leurs produits locaux plus compétitifs face aux produits importés.

Les pouvoirs publics ont de leur côté toute la latitude de modeler la tendance de « supermaketisation » sur leur territoire, puisque c’est à eux que revient la lourde charge de réguler le marché. Protectionnisme oblige, l’Etat doit veiller à ce que la distribution moderne sur son territoire se fasse de façon inclusive, en apportant son soutien, le plus souvent financier mais aussi technique, aux producteurs nationaux dans le changement et l’adaptation aux nouvelles modes de consommation, tandis qu’ils influencent sur l’ouverture davantage des grandes surfaces.

Il est difficile pour les petits producteurs de satisfaire aux normes très élevées des distributeurs modernes.

Source: Rural 21 – 04/2016

 

 

 

 

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