VERSION  ANGLAISE

L’ingénieur agronome que l’on ne présente plus, n’a pas été tendre envers un concept phare du Président de la République. Le plus intéressant c’est que ses solutions proposées, mettent aux ordres, tous les experts du domaine de la recherche agricole et même des pratiquants…

Ce 28 juin 2017, Bernard Njonga a participé activement à une conférence-débat à l’Université de Dschang, département de la Menoua, région de l’Ouest-Cameroun. Le thème portait sur l’ « agriculture de seconde génération, ses enjeux et ses perspectives ». Parmi les 4 communications retenues du panel, et qui devaient planter le décor à la phase des échanges avec le public, celle de Bernard Njonga a été présentée comme « plat de résistance ».

A son tour de dégainer, l’homme n’a pas perdu sa langue. Il n’a pas déçu. Bien plus, l’on dirait qu’il était au dessus des attentes. Il a été on ne peut plus éloquent. Son niveau était élevé. D’un timbre vocal et d’un rire aux éclats qui lui sont particuliers, l’homme a parlé terre-à-terre. Sans conducteur, sa communication n’était consignée nulle part. Il n’avait que 20 minutes comme temps de parole. Les étudiants finissants de la FASA (faculté agronomique des sciences agricole) de l’université de Dschang étaient avisés. Munis de leurs stylos et blocs-notes, ils étaient persuadés que Bernard Njonga leurs diraient de très bonnes choses. Mais, ils ne s’attendaient guère une telle boulette.

40 mesures

« Le livre est à l’imprimerie. Dès sa sortie,  il sera distribué gratuitement », dixit B.N dans les coulisses après son exposé. Faisant allusion au document constituant le contenu scientifique des « 40 mesures pour faire décoller le Cameroun par l’agriculture en 5 ans », qui seront dévoilées au moment opportun.

Pour un avant-goût décliné au cours de la conférence, l’on est en droit de saliver. C’est tout un programme inspiré des réalités camerounaises. Le président du CRAC (Croire Au Cameroun), sait que le salut de la Nation passera par là. Tout y a été pensé au millimètre près. A cause du temps de parole imparti, il a été stoppé net quand il  s’apprêtait à présenter la 9ème mesure. Pour ceux qui étaient dans la salle, son exposé avait tout l’air d’une homélie. Mieux, d’une perfusion administrée à un patient. Un véritable régal, un festival de plans de relance agricole. A égale pertinence, des mesures déroulées n’ont laissées personne indifférente. Il est question ici, de capitaliser tous les atouts et le potentiel immense que dispose le triangle national. L’on peut citer dans la foulée, (1)-le découpage du Cameroun en 5 régions agro écologiques, et partant, la réduction considérable des ministères ; (2)-la décentralisation doit être totale, et doit s’exprimer au prorata de la population, ce qui limiterait la submersion des ressources dans la corruption ; (3)-il faut signer l’arrêt de mort des projets et programmes gouvernementaux qui sont en fait des niches de mauvaises gouvernances ; (4)- instaurer la subvention sous forme de prime à la production, ce qui permettrait de distinguer celui qui produit sur celui qui ne le fait pas du tout ; (5)- placer les jeunes au centre de la production, faire d’eux de véritables entrepreneurs agricoles. Il a présenté la 6e, la 7e, la 8e et a déclaré que les 32 autres n’est que partie remise. Un tollé d’applaudissement du public a nourri la fin l’exposé du développeur.

La contradiction

Nombre d’experts, étudiants et agriculteurs présents à la salle de spectacle de l’université de Dschang, ont été mis aux pas. Mais il n’en demeure pas moins, que sa communication ait suscitée un tollé de polémique. De toutes les façons, Bernard Njonga est resté imperturbable, égal à lui-même. Pour lui, le concept énoncé par Paul Biya en 2011 au comice agropastoral d’Ebolowa est une « expression tombée du ciel ». Selon lui, l’ « agriculture de seconde génération » est dépourvue de contenu. Avant de fulminer sur ses 40 mesures, il a posé un certains nombres de questionnements : l’agriculture de seconde génération est-elle l’évolution de celle de première génération ? En quoi elle est dite de seconde génération ? Ces questions sont en fait une base de compréhension, mais surtout de dénigrement, voire de rejet du concept d’agriculture de seconde génération que Paul Biya appelle de tous ses vœux. Présentée simplement comme « vision politique du chef de l’Etat », l’ingénieur agronome l’a mise sur la croix avant de la livrée à la justice populaire.

Les autres experts qui ont pris la parole, trouvent que l’agriculture de seconde génération se veut moderne, mécanisée, plus productive, plus rentable, ouvre à l’industrialisation et à la transformation, utilise des opérateurs et des intrants modernes. Sans toutefois l’illustrer avec un success story, depuis 2011 que le concept a été lancé en pâture.

La comédie est passée par là. Un chef traditionnel réputé objectif, a bien voulu savoir comment peut-on distinguer le plantain ou la patate produit par l’agriculture de seconde génération ?

Partie défenderesse

L’on dira que la communication conclusive du Pr Roger Tsafack Nanfosso, recteur de l’université de Dschang, « plus optimiste », est venue couvrir le pessimisme des uns et des autres. Le patron de l’université de Dschang a bien voulu démontrer que l’agriculture de seconde génération porte déjà des fruits, sans toute fois écarter la vérité de la Palice que tout est à faire.

Avant lui, dans son discours de bienvenue, le Pr Mvondo Nze, disait déjà tout le bien que le concept charrie. Il a plaidé pour les 7 chantiers contenus dans le concept, les sous tendant avec la création des lycées agricoles, des écoles de formation en agronomie, la recherche, la création des agropoles…Le Pr Mvondo Awono Jean Pierre a lui aussi axé sa communication sur la formation secondaire et supérieure. Dans cette veine, il crée une ouverture sur ce qu’il appelle l’ « agriculture innovante », dont le référencement intègre les métiers agricoles.

Les participants se sont accordés sur le fait que ces hauts responsables de la formation universitaire ont perdu leur pertinence dans la défense pure et simple de leurs postes. Qu’en réalité, le problème demeure au goût du jour. Ils auraient compris de toutes les manières que l’agriculture camerounaise réside hors des champs, mais au niveau des discours politiques, sans réelle volonté de la développer.

Le spectre Njonga

Jean Marie Akengni, agriculteur logé dans la Menoua l’a aussitôt compris. Pour lui, tout est pensé en amont, mais sans intégrer les pratiquants à la table des décisions. Et qu’à la fin, nous dépendons toujours de l’occident. Il a cité des difficultés qui sont légions. L’on peut y retenir des financements aléatoires et à têtes chercheuses, ce qu’il a taxé de « financement toxique et ambigu ». L’accès aux terres, véritables goulot d’étranglement, « ceux qui ont les terres ne produisent pas, ceux qui veulent produire n’ont pas de terre ». Il a également énoncé le problème de marché qui « est pris entre l’enclume du bayam sellam et le marteau du vendeur des produits phytosanitaires ». Le bon Dieu qu’il attend c’est que tous et chacun « mette en terre, la graine de l’indépendance agricole au Cameroun ».

Bernard Njonga lui, sait déjà la graine qu’il faut mettre en terre. Il y a une longueur d’onde très importante entre lui et les décideurs. Les experts sont aussi persuadés qu’il a la solution dans ses 40 mesures. Mais avant de dérouler ce programme qui convient d’appeler, « programme politique », il devra d’abord avoir le cachet rond et s’installer à Etoudi. Il sait également que Bastos où il vit, n’est qu’à un jet de pierre du Palais de l’Unité.

Alain Ndanga  /  Camer.be

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